Osons ensemble! Ou en quoi le leadership de Jack Layton peut-il nous inspirer ?

Tous ont constaté cette semaine l’élan de sympathie et le flot de témoignages qui ont déferlé les journaux et les petits écrans suite au décès de Jack Layton.

 

 

L’homme a su inspirer les citoyens durant la campagne électorale; il nous a rassemblés dans sa façon d’exercer la politique et il nous a encore inspirés dans sa lettre posthume. Son leadership a su rallier.Était-ce en raison du contenu de son programme? Des promesses qu’il a faites? Ou était-ce en raison de ses réalisations passées?

 

Je doute que l’on puisse répondre par l’affirmative à ces questions. Non, je crois que son leadership tient aux qualités qui sont dorénavant attendues de tout leader, qu’il soit chef d’entreprise, chef politique, chef d’équipe ou même chef de famille soit:

 

  • la confiance sous toutes ses formes
  • l’inclusion comme sous-produit de la confiance et
  • la communication en tant que véhicule pour inspirer et rassembler

 

Prenons quelques minutes pour réfléchir à ces qualités et comment elles peuvent être aussi du ressors du leader à en devenir.

 
 

La confiance sous toutes ses formes.

Jack Layton dégageait de fortes et solides convictions dans les principes démocratiques et les valeurs de respect de toute personne, quel que soit son allégeance, son statut social et ce, malgré les attaques personnelles qui pouvaient lui être faites par ses adversaires politiques. Ces convictions constituaient ses points d’ancrage dans sa façon d’être, de réfléchir, et de communiquer.

 

Ces croyances se révélaient dans sa capacité d’être authentique et honnête dans tous ses rapports avec les autres. Ce que l’on reproche dorénavant aux politiciens, c’est le double langage couplé de déformations de la réalité, d’où le scepticisme ambiant vis-à-vis les chefs d’État. Jack Layton inspirait confiance parce qu’il disait la vérité.

 

Non seulement, était-il fort de ses convictions et honnête dans ses rapports humains, il manifestait aussi une confiance en lui, une confiance en l’avenir et une confiance dans les gens, d’où sa philosophie de le faire ensemble. Cette confiance en l’avenir, il nous la transmet également dans sa lettre posthume:

 

L’espoir est meilleur que la peur. L’optimisme est meilleur que le désespoir.

 
 

S’inspirer de Jack Layton pour devenir de meilleurs leaders

Le chef d’entreprise peut-il s’en inspirer à son tour et manifester cette confiance? Non seulement, il le peut mais il se doit de le faire si il veut rassembler les autres autour de son projet, mettre à contribution leur talent et leur savoir-faire. Pour y arriver, il lui importera de circonscrire les valeurs ou les principes directeurs qui guideront vraiment ses décisions, le choix de ses collaborateurs tout comme sa façon de communiquer.

 

Il lui importera aussi de construire continuellement son sentiment d’efficacité dans son projet et dans ce qu’il est ou ce qu’il fait. Dans cette optique, il ne lui est pas permis de discréditer ni son projet, ni sa personne. Il peut certes reconnaître les besoins d’amélioration continue mais sans pour autant dévaloriser ce qui a été accompli.

 

Le leader manifeste aussi sa confiance dans ses collaborateurs lorsqu’il partage avec eux les informations concernant les enjeux de l’entreprise, les objectifs visés et les progrès accomplis, même s’il en reste beaucoup à faire. En ce faisant, il communique ses croyances en leurs capacités de comprendre et d’apporter des solutions aux problèmes relevés. Ceci ne signifie pas qu’il partage ses états d’âme à tous vents. Bien au contraire, comme il est un modèle à suivre, il se doit aussi de démontrer une assurance personnelle en lui-même et dans son entreprise.

 

L’antithèse de la confiance se manifeste lorsque le chef restreint les communications ou le partage des informations. Cette façon de faire est typique des situations où le responsable ne croit pas que son personnel ait ni l’intérêt, ni la capacité de comprendre. Et il est fort à parier que s’il persiste dans une perception négative de son personnel et proches collaborateurs, la réalité se chargera de lui donner raison par le biais de la prophétie autoréalisatrice (en anglais: self fulfulling prophecy).

 

Autrement dit, si je me méfie des personnes, ces dernières vont éventuellement se sentir épiées, soupçonnées et finir par être guidées davantage par la peur de faire une faute ou d’être réprimandées. Ces émotions négatives engendreront à leur tour la probabilité d’erreurs, voire de fuites devant les initiatives.

 
 

Le chef d’entreprise qui savait tout!

Un exemple rencontré il y a plusieurs années illustre mes propos. Jean était convaincu non seulement qu’il était le mieux placé pour décider mais qu’il n’était pas nécessaire de trop partager des informations sur certains problèmes puisqu’il savait d’ores et déjà ce que devaient être les solutions. L’entreprise connaissait une baisse progressive du carnet de commandes qui, selon le marché, irait en s’accentuant.

 

Ses proches collaborateurs et les gestionnaires aux autres niveaux dans l’entreprise se sentaient peu concernés puisqu’ils n’étaient ni conscients de l’ampleur du problème, ni des moyens envisagés pour y remédier. Ce manque de confiance dans la capacité de ses gestionnaires de faire face à la réalité et de proposer des solutions créait une spirale négative ou cette prophétie autodestructrice: les meilleurs quittaient et avec eux certains clients pendant que les autres se démobilisaient graduellement de leur travail, entraînant du même coup des problèmes de qualité, lesquels engendraient une insatisfaction de la part des clients.

 

Les responsables d’équipe se situent sur tous les points d’un continuum de confiance, et à chaque point d’ancrage se retrouvent divers comportements de confiance et divers impacts. La confiance en soi, en l’avenir et en ses collaborateurs suscitent plus d’impacts positifs que l’inverse. Le retour sur investissement est élevé.

 

L’inclusion comme sous-produit de la confiance.

Lorsqu’un leader possède et développe continuellement ce capital de confiance (en sa personne, en autrui et en l’avenir), il est davantage ouvert à diverses perspectives, qu’elles soient convergentes ou divergentes des siennes. Sachant écouter parce qu’il ne se sent pas menacé, il sait intégrer différents points de vue dans une recherche de solutions optimales; il sait mettre à profit le talent et le capital de mobilisation de ses collaborateurs. Il saura même intéresser ses autres partenaires à investir dans ses projets parce qu’il entend et valorise leurs points de vue. C’est le Ensemble, nous pouvons…

 

La communication en tant que véhicule pour inspirer et rassembler.

En terminant, c’est dans la qualité de la communication que se manifeste cette confiance et ce désir d’inclusion des idées et des perspectives afin de relever ensemble des défis communs de plus en plus complexes. Concrètement cela veut dire:

 

  • Partager des informations pertinentes à l’élévation du niveau de connaissance propice à la prise de décisions et à la mobilisation,
  • Solliciter et écouter les idées des autres,
  • Chercher véritablement à comprendre d’autres avenues de solutions,
  • Inclure si possible ces diverses perspectives dans la solution ou la décision,
  • Mettre le but et le bien commun au centre des débats.

 

et, à la manière de Jack, dialoguer authentiquement sans prétentions, sans façade.

 
 

Conclusion.

Tous ces éléments: confiance, respect, inclusion, dialogue, valorisation des contributions de chacun à l’atteinte du but commun dans un souci du bien-être collectif constituent, vous l’aurez compris, les bases du leadership partagé, ou autrement dit du: osons ensemble.

 

Edith Luc

 

© Edith Luc. Tous droits réservés.


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