Leaders d’aujourd’hui, leaders de demain: êtes-vous prêts?

Le rythme des changements et des mutations s’accélère;les jeunes semblent de plus en plus exigeants d’avoir accès à des expériences de carrière et des opportunités de se différentes mentalitésdévelopper tout en ayant une vie plus équilibrée que celle qu’ont connu leurs parents.

 

Les plus vieux deviennent quant à eux de plus en plus impatients, sinon fatigués, d’avoir à entendre les demandes pour plus d’accommodations des jeunes générations pour du temps personnel, ou familial, alors que les besoins de l’entreprise sont si grands! Demandes justifiées pour les uns. Récriminations pour les autres.

 

Le départ retardé des plus anciens agace les jeunes qui, inquiets, se demandent s’ils auront la même chance que leurs parents d’accéder à la propriété, aux soins de santé universels ou à une éducation de qualité à bon marché. Parallèlement, le taux de chômage chez les jeunes augmente partout.

 

L’arrivée des médias sociaux interpelle les plus anciens: quelle place, quel rôle leur donner, comment anticiper leur rôle ? Le cas Oasis servira dorénavant de pivot dans les changements de mentalité en faisant vite comprendre que les nouvelles sources de pouvoir sont collectives, à vitesse grand G.

 

diversité d'équipes et entreprisesLa mondialisation s’accélère non seulement pour le commerce mais aussi pour toutes sortes de mouvements sociaux. Hier, maîtres du monde, l’Amérique du Nord et l’Europe voient progressivement leur leadership s’effriter devant la Chine, et l’Inde.

 

Tout comme les générations se croisent dans nos organisations, on retrouve aussi divers profils de leaders. Je vous propose d’examiner trois conceptions, trois profils attendus de leadership. Ce sont bien entendu des généralisations qui ne rendent pas compte de toutes les possibilités mais elles permettent néanmoins des pistes de réflexion…

 

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Profil: Le héros

Une première conception du leadership est incarnée par le leader héros en tant que personne exceptionnelle, aux qualités hors du commun, capable de bâtir des empires, de transformer des industries grâce non seulement à ses qualités uniques mais à un investissement personnel hors normes (dynamisme et travail).

 

Les tenants de cette conception se retrouveraient surtout chez les baby boomers, mais pas uniquement bien entendu. Toute personne tenue à l’écart des processus de décisions, qu’elle ait 20, 30 ou 40 ans, en aura la même idée.

 

Le risque avec cette conception, c’est que les individus qui, ne se reconnaissant ni de talent hors du commun, ni de qualités extraordinaires, ni de motivations à s’investir autant attendent que le leadership vienne de quelqu’un d’autre. Cette conception les rendant ainsi plutôt passifs, peu enclins à prendre des initiatives, à oser.

 

D’un autre côté, ceux qui préparent la relève avec cette idée du leadership recherchent ce type de caractéristiques. Bref, les leaders héros ont leur place mais il ne faut pas laisser toute la place à cette conception du leadership.

 
 

Profil: Le chef d’orchestre.

Le leader-maestroUne autre conception du leadership est celle du chef d’orchestre. Selon cette conception, le leader est celui qui dirige l’organisation ou une équipe comme un chef d’orchestre. Il donne la direction, s’assure de s’entourer de personnes compétentes, organise, coordonne, ajuste jusqu’à la perfection. Il dirige.

 

Cette conception est en partie l’héritage des écoles de gestion qui ont connu un essor majeur ces 20-30 dernières années. Mais elle provient également de la spécialisation des tâches et des expertises. Le leader ici a une certaine connaissance de tous les instruments mais il sait surtout orchestrer.

 

Le risque avec cette conception est de confondre gestion et leadership, d’amener le personnel à croire qu’il n’y a pas de leadership à moins d’être gestionnaires. Puis de développer des programmes de leadership qui sont en réalité des programmes de gestion.

 
 

Profil: Le leader-hub.

Une autre conception du leadership fait son chemin. C’est celle du leadership compris davantage comme l’expression de l’intelligence de chacun à la résolution des défis communs ; où les membres du groupe se doivent non seulement de collaborer ensemble mais où ils peuvent innover, prendre des initiatives dans le rayon de responsabilité qui est le leur et se développer sans cesse.

 

L’autorité légitime des gestionnaires, peu importe leur rang dans l’organisation est reconnue mais, à la différence de leurs prédécesseurs, les nouvelles générations attendent que leur leader intègre et sollicite leur apport ; intègre aussi rapidement les points de vue de clients, des fournisseurs et tiennent compte des besoins des communautés locales. Il n’y a plus autant de place pour le «je dirige donc je décide».

 

Le leadership attendu est celui où les perspectives diverses sont prises en compte dans la recherche de solutions, sans pour autant rechercher le consensus. C’est l’intérêt collectif qui prévaut, la réalisation de la vision. La capacité de tenir un dialogue social, associé à la performance économique deviendra une qualité recherchée du leadership de tous, et surtout des cadres supérieurs.

 

Ceux-ci devront donc inspirer une confiance bâtie grâce à l’équilibre entre la performance économique et le pôle social de l’organisation : employés, clients, communautés et tout cela dans un souci de développement durable. Le nouveau leader intègre donc trois pôles : économique, social et développement durable.

 

Bref, le nouveau leadership incarnera une organisation sans frontières, intégrateur dans la complexité et où toutes les générations confondues y trouveront leur compte. Ce n’est pas une mince tâche d’où le leadership de tous à la mission collective.

 

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Conclusion

Dans notre ère marquée par une complexité accrue des enjeux et une rapidité sans précédent des changements, les leaders d’entreprises ou d’équipes modernes se doivent de créer un environnement de collaboration, où les ressources intellectuelles de chacun sont valorisées et intégrées dans la recherche de solutions et la prise de décisions. De plus en plus, cette mentalité collaborative s’installe dans des organisations de différents secteurs et de divers continents.

 

Êtes-vous prêts à faire davantage de place à la collaboration dans votre entreprise?

 
 

Edith Luc, Ph.D.

 

©2012, Edith Luc. Tous droits réservés.


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