La face cachée des équipes performantes : ce que nous révèlent des recherches du MIT.

Alex «Sandy» Pentland , chercheur au MIT, s’est appliqué ces dernières années à mesurer, grâce à des senseurs électroniques, les comportements de communication de près de 2500 personnes membres de diverses types d’équipes dans 21 organisations différentes (Voir Harvard Business Review, avril 2012).

 

Il a ainsi enregistré, mesuré et analysé: qui parlait à qui, la durée des communications, le comportement non-verbal dont la position physique, les expressions faciales, le ton de voix, les mouvements des bras et autres. Puis il a comparé les comportements de communication enregistrés à la performance des équipes.

 

A première vue, certains résultats ne surprennent guère dont celui selon lequel la communication est un facteur important de la performance des équipes.

 

Mais ce qui est particulièrement révélateur, c’est que le style de communication du groupe a un poids plus important sur la performance que tous les autres facteurs combinés que sont les talents individuels, la personnalité des membres, les habiletés réunies et même les contenus discutés !

 

Travail ensembleBref, la communication au sein de l’équipe pèse donc davantage que l’ensemble des autres facteurs réunis. Mesurer les personnalités au sein d’une équipe selon différents outils psychométriques serait donc beaucoup moins pertinent pour améliorer la performance que de comprendre et d’agir sur les modes et les styles de communications qui y dominent.

 

Mais ce qui est aussi très intéressant, c’est l’identification par les chercheurs du MIT de trois dimensions de toute équipe et de leurs impacts sur la performance. Ces trois dimensions sont:

  • 1. le niveau d’énergie, révélé par le nombre et la nature des échanges;
  • 2. le niveau d’engagement, reflété par la distribution de l’énergie entre les membres;
  • 3. le niveau d’exploration, mesuré par les communications et connections des membres avec d’autres équipes à l’intérieur ou à l’extérieur de l’organisation.

 

Les équipes hautement performantes ont un niveau d’énergie élevé où tous les membres parlent et écoutent dans une proportion égale; où les communications sont énergiques et brèves; où tous communiquent les uns avec les autres et pas seulement avec le chef de l’équipe et où les communications s’y déroulent le plus souvent possible en face à face. Les équipes les plus performantes sont aussi celles qui recherchent le plus de connections à l’extérieur de leur équipe.

 

Mais ce qui est aussi très intéressant c’est la configuration des équipes hiérarchisées autour de ces dimensions. Ainsi, une équipe très centralisée autour d’un leader formel serait une équipe à faible énergie, puisque l’énergie est surtout déployée par celui-ci ou par une ou deux personnes associées au leader.

 

Les réunions informatives sont efficaces dans ces cas mais ces équipes sont beaucoup moins performantes lorsque les membres doivent discuter d’enjeux, innover, résoudre des problèmes ou décider. Et surtout, les équipes hiérarchisées seraient beaucoup moins engagées et peu performantes puisque les informations, les idées de plusieurs de ses membres y sont très peu partagées à l’ensemble.

 

Mission commune

 

Tous ces résultats, à mon avis, militent en faveur du leadership partagé défini comme un processus d’influence dynamique et réciproque entre des personnes mobilisées par un but commun. Au coeur du leadership partagé, ce n’est pas tant le chef hiérarchique qui mène mais bien le but qui engage les membres du groupe.

 

Êtes-vous d’accord ? Croyez-vous qu’un autre facteur ou ensemble de facteurs auraient davantage de poids sur la performance d’un groupe ?

 
 

Edith Luc, Ph.D,

 

©2012, Edith Luc. Tous droits réservés.


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