Oser… dire ! Oser… faire: 5 tactiques pour augmenter son sentiment d’efficacité personnelle

J’ai rencontré beaucoup de leaders dans les dernières 20 années, notamment lors d’une étude auprès de leaders issus de multiples organisations et de divers pays. Je leur ai posé la question suivante:

 

Qu’est-ce qui fait que vous avez développé votre leadership alors que vos frères ou sœurs, voire vos collègues de travail du début n’en ont pas fait autant ?

 

L’analyse de leurs réponses a permis de faire ressortir sept grandes stratégies. Non pas sept qualités, mais sept moyens de développer son leadership. Je vous en fais part ici car nous avons tous besoin de développer cette capacité si ce n’est pour convaincre un partenaire, un associé, des collègues, le personnel, le banquier ou même un client.

 
 

Soigner et renforcer son sentiment d’efficacité au leadership.

La première stratégie tient au fait que l’exercice du leadership est un apprentissage progressif, qui se fait lorsque l’on améliore continuellement son sentiment d’efficacité au leadership grâce aux expériences que l’on se permet de vivre, à la recherche de modèles qui inspirent, au feedback des autres, aux projections mentales de ses succès futurs et à la maîtrise de son stress en situations d’exercice du leadership.

 

Ce sentiment d’efficacité ainsi construit devient alors l’agent propulseur des efforts, de la persévérance redoublée devant les difficultés et de la réussite elle-même. Comment augmenter cette capacité ? Voilà l’objet de la chronique de cette semaine.

 
 

1. Expérimenter.

La première source d’augmentation de cette capacité réside dans l’expérimentation elle-même. Il s’agit de pratiquer l’influence dans des situations de plus en plus difficiles. Lorsque nous réussissons dans une situation à difficulté modérée (ex. convaincre un collègue de travail), nous devenons plus aptes à affronter des situations plus difficiles (ex. convaincre le patron ou un groupe).

 

Mais soulignons ici que ce qui est facile pour l’un peut être plus difficile pour l’autre. C’est pourquoi, bien que chacune doive respecter son rythme, il y a lieu néanmoins de s’autoriser à expérimenter et surtout, à ne pas rester dans ses zones de confort, à ne pas opter pour la facilité, ou le connu.

 

Si par exemple, prendre la parole est une chose difficile devant de petits groupes même familiers ou sympathiques, il faut se permettre de le faire de plus en plus souvent puis le faire dans des groupes nouveaux, et de plus en plus exigeants. C’est ce que Churchill a pratiqué.

 

Le sentiment de succès éprouvé dans des situations confortables augmentera un sentiment d’efficacité qui nous donnera alors le courage nécessaire de passer à un autre niveau de difficulté. En autant que l’on se permette de se féliciter des progrès obtenus, et que l’on s’en remette aux efforts supplémentaires à faire lors de défaites (plutôt que de remettre en question son talent ou ses capacités).

 

Bref, il s’agit d’oser ! Oser sortir de sa zone de confort ! Oser poursuivre son projet malgré les premières déceptions ! Oser prendre la parole et la réclamer lorsque nécessaire ! Oser proposer des choses nouvelles et persévérer dans la difficulté ou devant les refus !

 
 

2. Observer et apprendre de modèles.

Le deuxième moyen d’augmenter notre sentiment d’être capables d’influencer ou d’exercer du leadership est d’observer des modèles. Observer pour apprendre comment d’autres s’y prennent; leurs comportements; leur courage; leurs stratégies d’affaires.

 

Nous pouvons nous inspirer de modèles qui sont en quelque sorte relativement comparables, issus du milieu des affaires mais nous pouvons aussi nous inspirer des comportements, des façons de penser de modèles issus d’autres milieux.

 

L’observation peut se faire directement comme elle peut s’inspirer de documentation écrite telle des biographies. D’ailleurs, Mintzberg souligne que les grands leaders se sont beaucoup inspirés de biographies. L’observation de modèles se fait aussi en posant des questions, en rencontrant des personnes qui ont surmonté différents défis afin d’apprendre de leurs expériences.

 
 

3. La persuasion par d’autres.

Les autres jouent aussi un rôle important dans le développement de notre sentiment d’efficacité au leadership. Lorsqu’un patron, un collègue, un ami ou un parent soulignent nos progrès, nos compétences ou notre potentiel, on se sent de plus en plus fort. En autant que l’on se permette de valoriser ces manifestations de leur part.

 

Mais nous pouvons aussi décider d’ignorer les commentaires toxiques pour ne s’attarder qu’à ceux qui renforcent. Parmi les leaders que j’ai rencontrés, certains ont même transformé les commentaires négatifs de leur entourage en une détermination renforcée de leur démontrer qu’ils avaient tort!

 
 

4. Relaxer avant et pendant.


Enfin, apprendre à relaxer en s’imaginant dans les situations d’exercice du leadership et relaxer en cours d’exercice sont deux alliés indispensables à la construction de ce sentiment d’efficacité au leadership. Cela demande de la pratique dans le contrôle de soi, mais tout cela peut se maîtriser.

 

Ces images positives associées à un discours intérieur constructif développent les bases nécessaires à l’exercice lui-même et favorisent le sentiment d’efficacité. Se rappeler des succès, plutôt que des défaites les renforcent également.

 
 

5. Se projeter positivement.

Toute représentation négative de son futur affaiblit la capacité de réussir. L’athlète sportif ne s’imagine pas qu’il va tomber en cours de performance. D’ailleurs, les études démontrent que, s’il craint les chutes, ou les fausses manœuvres, il tombera effectivement. Par contre, il saura réussir s’il s’imagine réussir à chaque étape de son performance sportive.

 

De la même façon, l’apprenti-leader ne s’imagine pas échouer dans l’atteinte de ses objectifs ou dans l’exercice des comportements requis pour y arriver.

 
 

Conclusion.

La première stratégie de développement du leadership peut se résumer dans ce simple mot qu’est OSEZ! Osez dire ou faire; osez influencer dans des situations sociales diverses, allant d’abord de situations faciles à des situations de plus en plus difficiles.

 

À titre d’exemples: bien écouter pour réussir finalement à donner son opinion, à développer un argument ou une stratégie d’influence pour amener un groupe rébarbatif à changer d’avis sur un sujet quelconque. Notre capacité d’influencer devient donc alors de plus en plus puissante au fur et à mesure que l’on se permet d’expérimenter.

 

L’expérience ainsi acquise, suivie de réussites (d’où la nécessité de le faire progressivement), inspirée de modèles, encouragée par quelques uns, alimentée par des images de force et une maîtrise de ses réactions physiologiques sera garante non seulement de notre sentiment d’efficacité personnelle au leadership, mais de nos réussites elles-mêmes.

 
 

Edith Luc, Ph.D.

 

©2011 Edith Luc. Tous droits réservés.


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