Quelles sont les leçons à tirer du Costa Concordia ? ou 5 grands comportements de leaders à adopter en tout temps.

Il y a déjà longtemps que le capitaine a quitté le Costa Concordia lorsque celui-ci s’échoue. En cette soirée sombre du mois de janvier 2012, il laisse derrière lui plus de 4000 personnes à son bord et tout son équipage pour rejoindre seul le littoral à quelques dizaines de mètres plus loin.

 

Sans juger hâtivement le capitaine, cet incident malheureux nous interpelle sur les comportements attendus du leader en toutes circonstances et encore plus, lorsqu’un incident critique se déroule. De plus, il nous ramène à la force de la volonté collective, car il semblerait que les membres de l’équipage ont malgré tout réussi à évacuer presque tous les passagers en quelques heures.

 

Que l’on soit capitaine d’un bateau, chef d’équipe ou d’entreprise, il y a des grands comportements de leadership qui sont ceux de tout leader, soit:

 

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1.Déterminer d’abord une destination heureuse et un parcours captivant.

  • en langage organisationnel : définir une vision porteuse d’espoirs et d’accomplissements pour tous, cerner le but collectif qui inspire, et définir le plan pour y arriver. Ce plan comprend les conditions, processus et systèmes, à mettre en place afin d’organiser la vie organisationnelle.
  • en leadership partagé : s’assurer que la vision soit vraiment partagée plutôt qu’une vision (but ou sens) transmutée du haut vers le bas puis s’engager à réaliser le plan.

 
 

2. S’entourer de personnes compétentes, fortes de caractère, en santé

et qui verront à tout faire pour que le voyage se déroule dans les meilleures conditions; et qui sauront agir avec assurance lors de perturbations.

  • en langage organisationnel : s’entourer de personnes compétentes, les développer continuellement afin de répondre tant à leurs besoins qu’à ceux de l’entreprise, maintenant et pour l’avenir.
  • en leadership partagé : chacun a le devoir d’assumer réellement toute la portée et l’importance de son rôle et ses responsabilités; d’être imputable de son développement; d’appuyer et d’être un support au développement tant de ses collègues que de la compétence collective, notamment en partageant savoir et savoir-faire.

 
 

3.Garder l’œil et l’esprit aux aguets

afin de repérer les risques, les opportunités de voyage et prendre les dispositions nécessaires. Agir rapidement et assurément, et en même temps, mobiliser l’équipage afin qu’il ait un regard attentif sur l’environnement et que tous (y compris le capitaine) se tiennent mutuellement informés. Sur un bateau, chacun dépend de l’autre.

  • en langage organisationnel : s’assurer d’avoir une vigie des tendances externes (technologiques, ressources, marchés) et internes (état du personnel, des ressources, etc.), anticiper les risques et les besoins pour ensuite agir en conséquence. S’assurer par divers moyens que le personnel et les collaborateurs communiquent aisément dans tous les sens, vu le but collectif poursuivi.
  • en leadership partagé : assumer pleinement son leadership individuel afin que la mission collective se réalise; être co-responsable de la destination tout comme des efforts c’est-à-dire, agir en tant que support mutuel aux collègues et offrir le service attendu aux clients. Devant un risque imminent ou lors d’une situation critique, les membres auront ce réflexe d’alerter (d’influencer vers le haut) et d’agir rapidement.

 
 

4.Manoeuvrer le bateau de telle sorte à ce que les ressources et les passagers soient sécurisés et aient le goût que l’aventure se poursuive.

  • en langage organisationnel : agir afin que les environnements physiques et sociaux (ex. climat de travail, qualité des personnes) soient agréables tant pour les clients que pour le personnel et les collaborateurs; faire en sorte que la situation financière soit saine et profitable, assurer la pérennité de l’organisation.
  • en leadership partagé : chacun tient un discours porteur de sens, de mobilisation qui sécurise et qui donne le goût d’être ensemble pour réaliser la mission commune. Dans une situation critique, chaque membre agit dans l’intérêt commun.

 
 

5.Se soucier du bien-être de ses ressources et de ses passagers par dessus son propre bien-être.

Sur un bateau, la vie de chacun est intimement reliée au soin que chacun porte à sa sécurité et à celle des autres.Le leader se doit également s’assurer de sa propre forme physique afin de pouvoir réaliser le voyage avec toute la responsabilité rattachée à son équipage, à ses passagers et à son bâtiment.

  • en langage organisationnel : prendre la pleine mesure de son rôle aux yeux de son personnel, de ses clients et de ses actionnaires. Que l’on soit chef d’équipe ou d’organisation, le leader est responsable de prendre soin de ceux qui acceptent de faire partie de l’organisation, le personnel, les clients ou autres collaborateurs. Ne pas s’en soucier, c’est mettre en jeu le capital de mobilisation potentiellement disponible.
  • en leadership partagé : chaque membre du système social partage une co-responsabilité vis-à-vis les autres membres. Cette co-responsabilité rehausse la résilience collective et la cohésion qui fait la force d’une équipe dans les efforts requis à l’atteinte du but commun. Une véritable co-responsabilité bien enracinée se manifestera tous les jours, dans les petits et grands moments.

 

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Le leader qui agit tous les jours selon ces grands comportements saura puiser la force et la volonté nécessaire lorsque les incidents de parcours viendront perturber la vie de son organisation ; les réflexes seront plus alertes et les habitudes davantage ancrées.

 

Qui plus est, un groupe qui a su travailler en leadership partagé aura non seulement des modes de communications fluides en situation de danger mais aura toute l’agilité nécessaire qui, développée dans la vie de tous les jours, lui permettra d’agir promptement.

 

Une autre leçon de leadership collectif à tirer de cette malheureuse histoire concerne l’importance de faire le bilan de toute situation difficile afin d’apprendre des erreurs et de prévenir d’autres situations du même genre. Cela vaut pour la vie sur mer comme dans nos gratte-ciels.

 
 

Conclusion.

Le sens même du nom de ce bateau Concordia, est d’origine latine et veut dire : tous ensemble, en harmonie. Bien que l’on puisse s’interroger sur le comportement du leader officiel, il nous faut aussi regarder au-delà de ce triste incident pour souligner le courage et la responsabilité collective qui s’est sans doute manifestée en l’absence même du capitaine.

 

Le leadership partagé permet justement à chacun de développer les réflexes de leadership habituellement réservés à une seule personne.

 
 

Edith Luc, Ph.D.

 

© 2012 Edith Luc, Tous droits réservés.


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