Quelles sont les trois fausses croyances les plus répandues sur le leadership?

Quelques fausses croyances sur le leadership influencent beaucoup, non seulement notre façon de penser, mais notre façon de relever les défis quotidiens. Les voicis:

 
 

Première fausse croyance: Le leadership signifie dominer les autres d’une quelque façon.

D’abord, je le dis d’emblée, le leadership et la gestion (ou le management) ne signifient pas du tout la même chose ! Un gestionnaire gère et prend des décisions quant aux ressources matérielles, financières, technologiques et au sujet des personnes.Quant au leadership, il fait référence au processus d’influence, à la mobilisation, à ce qui se passe entre des personnes reliées entre elles par un but commun. Cette influence dépend de beaucoup de facteurs variables d’une situation à l’autre et d’une personne à l’autre. Mentionnons: les idées émises, la crédibilité des participants, les affinités avec le groupe, le pouvoir d’autorité, la compétence face à la tâche, et j’en passe.

 

Exercer du leadership signifie donc participer activement avec les autres à la résolution du problème, à la prise de décision et agir en conséquence.

 

Certes, certains chercheront dans une relation potentielle d’influence à dominer, à charmer mais, le leadership de niveau supérieur, c’est influencer d’abord en ayant le soin du but visé et non pas le désir de domination sur l’autre. Croire que le leadership est un rapport de forces entre des personnes pour la domination, c’est risquer les escalades malheureuses et les manipulations excessives, c’est laisser place à la méfiance alors que la confiance est l’oxygène du leadership!

 
Et je vous demande: Qui dans la vie de tous les jours n’a pas l’opportunité d’influencer collègues, patron, conjoints ? Se mobiliser et mobiliser son collègue, son patron à faire face au changement, à poursuivre son travail dans l’intérêt des clients ou des patients, à développer une solution innovatrice, à prendre une décision difficile, à persévérer malgré les embûches, à challenger la pensée unique, voilà autant d’actions de leadership à la portée de tous. Et ce ne sont pas là des gestes exclusifs aux gestionnaires!

 
 

Deuxième fausse croyance: Le leadership est une qualité fondamentale qui se développe très peu.

Porter flanc à cette croyance, c’est diviser le monde en deux catégories: les leaders et les autres. Pourtant, la vie de tous les leaders illustre le contraire.

 

En effet, le leadership n’est pas une qualité innée bien que certaines personnes ont plus d’aptitudes de base que d’autres, telles que la confiance en soi, le dynamisme ou l’art de bien communiquer. Mais ceci dit, ce n’est pas parce qu’elles ont ces qualités de base qu’elles affirmeront davantage leur leadership dans diverses situations ou dans leur vie.

 

Et le contraire est aussi vrai; ce n’est pas parce que quelqu’un n’a pas au départ ces qualités qu’il ne développera pas son leadership.  Pensons à de grands timides comme Gandhi ou de mauvais communicateurs comme Churchill l’était au départ! Le développement de leur leadership s’est accentué graduellement. Comment? Au fur et à mesure que l’idée de ce qu’ils voulaient accomplir dans leur contexte ou dans diverses situations s’est précisée, qu’ils ont osé prendre des initiatives et des risques, persévérer malgré tout, s’entourer d’alliés.

 

Tous les leaders que j’ai rencontrés me l’ont d’ailleurs confirmé et mon premier livre (2004) présente les stratégies qu’ils ont mises de l’avant (j’aurai l’occasion d’y revenir sur ce blogue). Bref, leur leadership s’est développé au fur et à mesure de leurs expériences tout comme de leurs réflexions:

 

  • réflexions sur le présent;
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  • anticipations du futur selon divers scénarios;
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  • réflexions sur les apprentissages venus des bonnes comme des moins bonnes expériences.

 

Tous ceux qui ont un capital intellectuel peuvent donc, s’ils le souhaitent, développer leur leadership. Mais pourquoi le faire? Ce qui m’amène au troisième mythe à déboulonner.

 
 

Troisième fausse croyance: L’exercice du leadership est exigeant, difficile et épuisant. (En fait, c’est plutôt le contraire qui se passe!)

Développer son leadership, c’est exercer un plus grand impact sur les situations dans lesquelles l’on se retrouve; c’est même prendre une part plus grande à la vie. Observez attentivement ceux qui exercent du leadership, soit parce qu’ils sont dans des postes de responsabilités, soit parce qu’ils se manifestent dans les situations d’influence où ils se retrouvent. Parfois, vous vous demandez comment ils font. Vous observez tout de même qu’ils ont une énergie que d’autres n’ont pas?

 

C’est un peu comme l’activité physique. Un inactif qui observe un sportif en pleine action pourrait croire qu’il est en train de s’épuiser. Mais c’est plutôt le contraire qui se produit! L’activité physique lui procure une énergie, un sentiment de bien-être et de puissance qui prennent leurs sources tant dans les stimulations hormonales que dans les effets psychologiques. Exercer du leadership procure aussi un bilan positif.

 

Le contraire du leadership, c’est attendre que les autres décident, influencent dans une direction donnée; c’est se mettre à la merci des autres sans que l’on ait oser se manifester. Cela peut se produire dans diverses situations tout comme cela peut se produire toute une vie. Ceux et celles qui se mettent à la merci du choix des autres rechignent à la première occasion, leur humeur est alors plutôt négative. Et ils s’éteignent peu à peu si leur attitude passive est devenue un mode de vie.

 

Oser influencer, prendre un risque calculé, dialoguer avec les autres pour résoudre un défi commun, trouver des solutions et s’exécuter; tout cela stimule notre intellect, valorise notre contribution, nous met en contact les uns avec les autres, nous permet de nous découvrir nous-mêmes sous des angles insoupçonnés jusqu’alors. Bref, développer son leadership nous amène à prendre un plus grande part dans la vie de tous les jours et au bout du compte nous procure un sentiment de bien-être que dépasse le stress de la situation.

 
 

Conclusion.

Les fausses croyances qui dominent chez certains leur conception du leadership leur jouent de bien mauvais tours. J’ai voulu ici démontrer qu’actualiser son leadership en l’exerçant dans les situations qui nous interpellent, c’est se développer, prendre part avec les autres à la résolution de défis communs, et qu’en ce faisant on y trouve une source d’énergie et de mobilisation personnelles inégalées.

 

Qu’en pensez-vous ? J’aimerais bien avoir vos commentaires et questions sur mes réflexions.

 
 

Edith Luc

 

© 2011. Edith Luc. Tous droits réservés.


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