Les 10 antidotes à la non-collaboration

Compétition et collaboration sont deux mécanismes naturels des rapports entre les personnes.

 

La compétition, quoique naturelle à la nature humaine, amène avec elle son lot d’exclusion, d’agressivité, de gaspillage des ressources, de stratèges axés sur le pouvoir et la domination (ex. secrets, manipulations, coercition, etc.).

 

 

La collaboration, quant à elle est davantage garante d’innovations, d’agilité organisationnelle, de performance et d’un climat de travail agréable avec une diminution du stress négatif.

 

Les entreprises d’aujourd’hui font faces à des défis de plus en plus complexes. Pour survivre à la compétition, elles doivent demeurer agiles, innover, trouver des solutions rapides, maintenir un esprit d’entreprenariat et d’engagement à tous les paliers.

 

Un partenariat axé sur la collaboration apporte une richesse d’idées, des solutions innovatrices, une optimisation dans l’utilisation des ressources, une performance supérieure, une généralisation de la mobilisation et de l’engagement. Mais comment favoriser davantage la collaboration que la compétition ?

 

Voici 10 antidotes à se prémunir afin de favoriser davantage la collaboration que la compétition.

 
 

1.Bien choisir ses collaborateurs

Les entreprises et les équipes ont tout à gagner à s’assurer que, dès la sélection de leurs membres, ces derniers aient la capacité à travailler non seulement en équipe (où chacun apporte sa contribution) mais une capacité à travailler pour l’équipe et la mission commune.

 

Il s’agit de personnes capables de sortir de leur zone stricte de responsabilités, de tâches ou d’expertise pour appuyer leurs collègues dans la recherche et la réalisation de solutions, de perfection ou de progrès vers la réalisation du buts visés. Ce sont aussi des personnes qui savent au besoin mettre de côté leurs propres intérêts et priorités pour être au service de celles de leurs collègues.

 
 

2.Établir une mission collective forte et inspirante.

Qu’elle soit entre deux personnes ou entre les membres d’une équipe ou d’une organisation, la coopération émerge et se maintient lorsqu’il y a véritablement une mission commune à réaliser.

 

Plus cette mission commune fera appel aux aspirations individuelles, aux sentiments nobles de chacun (ex. sens du service, protection de personnes, de l’environnement ou de ressources, amélioration de la qualité de vie, etc.), de même qu’à la fierté personnelle et collective (ex. réussite, reconnaissances), plus la collaboration sera forte et durable.

 

Les questions à répondre sont donc: Quels sont les intérêts personnels de chacun ? En quoi la mission commune pourrait intégrer les besoins et aspirations individuelles ? Comment résumer cette mission en un appel de rassemblement collectif ?

 
 

3.Inscrire explicitement la collaboration dans le code de conduite et de récompenses de l’entreprise.

Lorsque les attentes entre différents partenaires sont claires et explicites dès le point de départ, il en ressort que très rapidement chacun sait ce qui est valorisé et ce que l’on attend mutuellement les uns des autres.

 

Rappeler ces attentes, en donner des exemples dans la vie de l’équipe et de l’organisation voire la récompenser par des gestes concrets (félicitations, réminiscences visuelles) permet de développer peu à peu et continuellement une culture de collaboration.

 

Attention à cependant à récompenser surtout les groupes, les équipes ou les partenaires des collaborations, plutôt que des individus. De ce ton, il importe aussi d’établir non seulement des objectifs individuels mais des objectifs collectifs qui nécessiteront la collaboration de tous les membres de l’équipe.

 

4.Être soi-même un exemple de collaboration.

La vie d’une organisation ou d’une équipe comprend une panoplie d’opportunités pour des échanges de toutes sortes: résolutions de problèmes, partages d’information, de savoirs, d’expériences vécues, de contacts. Les leaders dans l’organisation ou de l’équipe doivent être des modèles de collaboration, capables de donner temps, ressources et outils non seulement pour la réalisation de la mission commune mais également en appui à la réalisation de la mission spécifique des individus autour du but commun.

 

Rien ne détruit plus la collaboration mutuelle que les personnes qui n’en ont que pour leur propre succès ou leur rayonnement personnel sans reconnaissance des besoins des autres autour d’eux. Enfin, être soi-même un exemple de collaboration, c’est aussi faire preuve d’altruisme; c’est à dire donner sans rien attendre au retour.

 
 

5.Prévoir un ou des temps…

pour que l’équipe prenne connaissance ensemble (ou se rappelle) les expériences, les compétences, les réalisations, les reconnaissances externes que chaque membre amène. En ce faisant la valorisation des uns et des autres est davantage au rendez-vous de même que l’inclusion et surtout, la probabilité que les uns fassent appel au capital intellectuel des autres. Autrement dit, la recherche de collaboration pour la mise en commun des idées, des savoirs et savoir-faire s’en trouvera augmentée devant les défis à relever.

 
 

6.Prévoir régulièrement des moments et des lieux de partage d’information et de prise de décisions.

Comment peut-t-on collaborer si l’information est peu accessible, s’il n’y a pas de moments communs de rencontres entre les partenaires, actuels ou potentiels, afin d’échanger ouvertement sur les défis, les objectifs visés, les progrès ? Sans ces lieux et ces moments d’échanges, il ne peut y avoir de coopération.

 

Qui plus est, le risque augmente d’instaurer un climat de compétition et un sentiment d’isolement si les rencontres sont rares ou sporadiques. Enfin, le groupe qui ne se rencontre qu’occasionnellement en vient à perdre la gymnastique agile nécessaire aux communications efficaces en groupe.

 
 

7.Développer et préserver la confiance du groupe.

La coopération avec les autres requiert de créer un lien de confiance; où l’on croit que les intentions de l’autre sont honnêtes, qu’une personne fera ce qu’elle a dit et qu’elle y mettra les efforts nécessaires, et qu’en aucun moment ses dires ou ses gestes seront nuisibles à la mission commune et à l’image de chacun. Préserver ce capital de confiance doit devenir la responsabilité de chacun au sein du groupe.

 
 

8.Valoriser l’inclusion et la diversité.

Au coeur des principes directeurs à la base de la collaboration, il y a des valeurs sous-jacentes d’inclusion des personnes, des diverses perspectives, des idées. Il y a cette croyance fondamentale que la diversité est propice à une optimisation des savoirs, des savoir-faire et de la performance.

 

Au contraire, la valorisation de la compétition favorise davantage l’exclusion de certains, la création d’un climat négatif qui peut engendrer une culture du secret.

 

Cette valorisation de l’inclusion et de la diversité se manifeste dans le discours et dans les actions par exemple, en invitant divers acteurs à partager les informations, à réfléchir ensemble aux défis communs et à leurs solutions.

 
 

9.Généraliser la culture de collaboration.

On se représente souvent la collaboration comme une approche relationnelle entre des individus d’une même équipe ou d’un projet ou encore au sein d’une même organisation. Mais la collaboration peut s’étendre ailleurs et créer de la sorte une véritable culture de collaboration:

 

  • entre les équipes d’une même organisation, à titre d’exemples par le débriefing de projets; des réflexions conjointes sur une meilleure utilisation de ressources et la mise en place d’activités conjointes de formation et de développement.
  • entre l’organisation et ses fournisseurs. À titre d’exemple, les fournisseurs de services de Danone sont invités à participer à certaines de leurs formations internes;
  • entre l’organisation et ses clients. Certaines entreprises invitent ainsi leurs clients à participer à la création de nouveaux produits; ou à siéger sur certains comités visant l’amélioration du service à la clientèle;
  • entre l’organisation et la communauté locale (ex. comité conjoint sur la formation technique et professionnelle);
  • entre les organisations d’une même industrie.

 
 

10.Faire le point de temps en temps sur les opportunités d’amélioration continue de la collaboration entre différentes parties.

Enfin, comme tout autre processus, la collaboration peut aussi faire l’objet d’une revue en examinant les points forts de la collaboration, ses lacunes et ses opportunités d’amélioration. En ce faisant chacun des partenaires et l’organisation apprend à mieux collaborer.

 
 

Les 10 antidotes présentés ci-dessus constituent des guides pour favoriser la collaboration, d’autant plus forts s’ils sont appuyés par des outils de communication.

 
 

Edith Luc, Ph.D.

 

©2011, Edith Luc. Tous droits réservés.


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